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Identifiez le type d'ERP, la catégorie, et les obligations qui vous concernent. À découvrir bientôt !
Toutes les étapes pour ne rien oublier avant l’ouverture de votre commerce.
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Vous êtes coiffeur ou coiffeuse, vous avez de l’expérience derrière le fauteuil, et vous envisagez de vous installer à votre compte. Création de salon, reprise de fonds, franchise, salon de quartier ou concept plus pointu, quel que soit votre projet, le parcours administratif suit la même logique. Et il commence par une exigence souvent sous-estimée […]
Vous êtes coiffeur ou coiffeuse, vous avez de l’expérience derrière le fauteuil, et vous envisagez de vous installer à votre compte. Création de salon, reprise de fonds, franchise, salon de quartier ou concept plus pointu, quel que soit votre projet, le parcours administratif suit la même logique. Et il commence par une exigence souvent sous-estimée : la qualification professionnelle.
Contrairement à la restauration, la coiffure est une profession réglementée. Le brevet professionnel (BP) ou le brevet de maîtrise (BM) coiffure est exigé pour exercer en tant que gérant, ou à défaut, un employé qualifié doit assurer la qualification professionnelle de l’établissement. C’est la première chose à vérifier avant tout investissement.
Ce guide reprend les étapes une par une, du diplôme aux clés du salon, en mettant l’accent sur ce qui est propre au métier : qualification, hygiène, équipement, et le dossier ERP avec ses spécificités d’accessibilité au poste de shampooing.
La France compte environ 80 000 salons de coiffure, selon l’Union Nationale des Entreprises de Coiffure (UNEC). C’est l’une des activités artisanales les plus représentées du pays, un salon pour 800 habitants en moyenne, ce qui en fait un secteur dense et concurrentiel.
Trois tendances structurent le marché :
Côté économie : un salon sain affiche un ratio matières premières autour de 8 à 12 % (très favorable, ce qui n’est pas le cas dans la restauration), un coût personnel autour de 45 à 55 % du chiffre d’affaires (poste majeur), un loyer entre 8 et 14 %. La marge nette visée se situe entre 8 et 15 % du CA pour un salon bien tenu.
La saisonnalité est marquée : pics avant les fêtes (Noël, mariages) et au printemps, creux en janvier-février et en août. Le panier moyen varie fortement selon la zone (de 25 € en quartier populaire à 80-120 € en centre-ville parisien).
Comptez 6 à 12 mois entre la décision et l’ouverture, davantage en cas de reprise d’un fonds nécessitant des travaux ou en cas de financement complexe.
Avant toute autre démarche, vérifiez votre BP Coiffure ou BM Coiffure. Si vous n’avez ni l’un ni l’autre, deux options :
C’est la question à résoudre avant toute signature de bail.
Trois critères clés pour un salon :
Un business plan de salon de coiffure tient sur 15 à 20 pages, avec trois scénarios (pessimiste, médian, optimiste). Les hypothèses sensibles : taux de fréquentation des fauteuils (60 à 80 % sur les heures d’ouverture est un bon objectif), ticket moyen, fréquence de retour des clients.
Ratios à respecter : matières 8-12 %, personnel 45-55 %, loyer 8-14 %, marge nette visée 8-15 %.
Pour un salon en solo, la SASU est souvent retenue (président assimilé salarié, fiscalité IS, sortie facilitée). L’EURL au régime TNS reste pertinente si vous voulez optimiser les cotisations sociales sur faibles revenus initiaux.
À deux ou plus, SAS par défaut. L’entreprise individuelle au régime micro-BIC n’est pas adaptée aux ambitions d’un salon avec salariés.
L’apport personnel demandé tourne autour de 20 à 30 % du besoin total. Sources complémentaires :
Budget global moyen pour un salon de 50 à 80 m² : entre 40 000 et 120 000 € selon l’état du local et le niveau d’aménagement (un salon de luxe en centre-ville peut atteindre 250 000 €).
Pour un salon, surveillez quatre critères techniques :
Sur le bail commercial : vérifiez la clause de destination. Beaucoup de baux limitent à « commerce » sans préciser coiffure, un avenant peut être nécessaire et n’est pas toujours rapide à obtenir.
Comptez 4 à 10 semaines de travaux pour un local en bon état, davantage en cas de changement de destination ou de réaménagement complet. Postes majeurs :
Anticipez les devis ERP dès cette phase. Un bureau de contrôle accessibilité doit valider les plans avant l’exécution des travaux.
Un salon avec service tourne avec un ratio d’environ 1 coiffeur pour 12 à 18 clients par jour, selon les prestations. Pour un salon à 3 ou 4 postes, comptez 2 à 4 personnes selon les horaires.
Priorisez les profils expérimentés sur les techniques recherchées par votre clientèle cible (coloriste, balayage, coupes courtes hommes, etc.). La rétention d’un bon coloriste est un atout commercial fort.
Trois leviers concrets pour les six premières semaines :
C’est la partie qui distingue vraiment l’ouverture d’un salon de coiffure d’un autre commerce. Quatre points méritent un focus.
La coiffure est une profession artisanale réglementée. Pour exercer en tant que gérant ou ouvrir un salon à votre nom, vous devez détenir :
À défaut, vous pouvez ouvrir un salon sous la responsabilité d’un employé titulaire d’un BP/BM, à condition que cet employé soit présent dans le salon de manière effective et continue. C’est la solution choisie par les porteurs de projet non diplômés (investisseurs, repreneurs).
Source : loi n°96-603 du 5 juillet 1996 (qualifications artisanales) et décret n°98-246 du 2 avril 1998 (qualifications coiffure).
La VAE (validation des acquis de l’expérience) permet d’obtenir le BP sans repasser par la formation initiale, possible après 1 an d’expérience professionnelle minimum. Compter 8 à 12 mois pour le parcours VAE complet.
La coiffure n’est pas soumise à l’HACCP (qui concerne l’alimentaire), mais elle est encadrée par le règlement sanitaire départemental et l’arrêté du 4 juin 2009 modifié sur les normes d’hygiène dans les établissements de coiffure et d’esthétique. Trois obligations principales :
Les contrôles sont assurés par les services d’hygiène municipale et les agents de la DGCCRF.
Tous les salons de coiffure relèvent de la convention collective nationale de la coiffure (IDCC 2596), dès l’embauche du premier salarié. Elle fixe :
À consulter dès le projet de recrutement, les écarts entre le SMIC et le minimum conventionnel peuvent surprendre.
Obligation forte du métier : afficher les prix de manière visible et lisible, prestation par prestation, à l’extérieur du salon ou en vitrine, ainsi qu’à l’intérieur près de l’accueil. Cette obligation est régulièrement contrôlée par la DGCCRF, et les manquements sont sanctionnés.
Source : arrêté du 27 mars 1987 sur l’information des consommateurs dans les salons de coiffure.
Un salon de coiffure est un ERP de type M (commerce / services). C’est une classification différente d’un bar (type N) ou d’une micro-crèche (type R), et elle implique des règles propres en matière de sécurité incendie et d’accessibilité. La catégorie 5 s’applique dans la quasi-totalité des cas, un salon de moins de 100 personnes accueillies simultanément (clientes et salariés cumulés) reste sous le seuil du 2ème groupe.
La spécificité dominante du salon ne tient pas à la sécurité incendie (les risques sont modérés, sauf stockage important de produits chimiques en arrière-boutique) mais à l’accessibilité PMR au poste de shampooing. C’est le point le plus régulièrement relevé en commission d’accessibilité pour ce métier, et celui que la plupart des projets de salon traitent mal.
Le poste shampooing classique, bac à l’anglaise, fauteuil incliné, plan d’eau en hauteur, n’est généralement pas accessible à un client en fauteuil roulant. Pour qu’un salon soit conforme, il faut prévoir :
Le dossier suit le tronc commun cat. 5 : le cerfa 13824*04 (formulaire d’autorisation), une notice de sécurité incendie (mentionnant le stockage des produits chimiques de coloration), une notice d’accessibilité PMR détaillée sur le cheminement entre postes, l’accès au bac shampooing et les sanitaires, et les plans du local avant et après travaux.
→ Catégorie 5 : les obligations à connaître. (à venir)
L’ordre compte : certaines démarches conditionnent les suivantes.
C’est l’erreur réglementaire la plus grave. Un salon ouvert sans BP/BM ni employé qualifié s’expose à une fermeture administrative immédiate et à des sanctions de la CMA et de la DGCCRF. Vérifiez impérativement votre qualification, ou la solution employé diplômé, avant toute signature de bail.
Beaucoup de baux commerciaux limitent l’activité à « commerce » sans mention spécifique de la coiffure. Un avenant peut être nécessaire, et certains bailleurs imposent des contreparties (loyer augmenté, dépôt de garantie supplémentaire). Vérifiez la clause de destination avant signature, et négociez en amont si nécessaire.
Contrairement à la restauration où les paiements sont immédiats, la coiffure connaît des cycles de paiement très courts (paiement à la prestation) mais une trésorerie cyclique : pics avant fêtes, creux en été. La règle saine : avoir 3 à 4 mois de charges fixes en réserve au jour J. Sans cette marge, un mois creux peut mettre l’affaire en péril.
C’est l’erreur ERP la plus fréquente pour les salons. Le bac à l’anglaise classique n’est généralement pas accessible aux personnes en fauteuil roulant. La commission d’accessibilité l’identifie systématiquement à la lecture des plans. Sans solution (bac ajustable ou emplacement adapté), le dossier est rejeté.
C’est l’erreur la plus coûteuse, et la plus fréquente. Un salon ouvert sans autorisation préalable s’expose à une fermeture administrative immédiate, à une amende qui peut atteindre 45 000 €, et à une responsabilité pénale du dirigeant en cas d’incident. → Ouvrir un ERP sans autorisation : les risques détaillés.
Le Brevet Professionnel Coiffure (BP) ou le Brevet de Maîtrise Coiffure (BM) est obligatoire pour exercer comme gérant d’un salon en France. Le CAP coiffure seul ne suffit pas pour ouvrir un salon. La base légale est la loi du 5 juillet 1996 et le décret du 2 avril 1998. À défaut de BP/BM, vous pouvez ouvrir un salon sous la responsabilité d’un employé titulaire d’un BP/BM, solution choisie par les investisseurs non coiffeurs.
Oui, mais uniquement sous la responsabilité d’un employé titulaire du BP ou du BM Coiffure, présent dans le salon de manière effective et continue. C’est la solution légalement reconnue pour les investisseurs ou repreneurs non diplômés. La présence effective de l’employé qualifié est contrôlée, un BP « de façade » sans présence réelle peut entraîner la fermeture du salon.
Très variable selon la taille et la zone du salon. Pour un salon solo en zone urbaine moyenne, la rémunération nette du gérant tourne entre 2 000 et 3 500 € / mois une fois l’affaire à régime (12 à 24 mois). Pour un salon de 3-4 postes en bon emplacement, la rémunération peut atteindre 4 000 à 6 000 € / mois. En zone parisienne haut de gamme, les salons performants génèrent davantage. Les chiffres dépendent fortement du chiffre d’affaires par fauteuil, du ratio personnel/CA et de la zone.
Oui, sans exception. Un salon de coiffure accueille du public et entre dans le périmètre des ERP de type M (commerces / services). Vous devez constituer un dossier ERP (cerfa 13824*04 + notice sécurité + notice accessibilité + plans) et le déposer en mairie avant l’ouverture pour obtenir l’autorisation. Sans ce dossier accepté, l’ouverture est illégale et expose à une fermeture administrative immédiate.
Pour un salon de 50 à 80 m² standard, comptez 40 000 à 120 000 € d’investissement total (travaux, équipement, mobilier, trésorerie initiale, droit au bail si reprise). Pour un salon de luxe en centre-ville d’une grande métropole, le budget peut atteindre 250 000 € (droit au bail élevé + aménagement haut de gamme). L’apport personnel demandé par les banques tourne autour de 20 à 30 % du besoin total.
Comptez 6 à 12 mois entre la décision et l’ouverture. Les délais les plus longs viennent du dossier ERP (2 à 5 mois d’instruction), des travaux et aménagement (4 à 10 semaines), et éventuellement du parcours VAE si vous passez le BP en cours de projet (8 à 12 mois supplémentaires).
Ouvrir un salon de coiffure, c’est concrétiser une expertise métier dans un projet entrepreneurial. La partie technique du métier, coupe, couleur, relation client, vous la maîtrisez. La partie administrative, qualification, dossier ERP, accessibilité, mérite une rigueur que l’expérience derrière le fauteuil n’apporte pas naturellement.
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